Les agité.e.s
Adélie est née en 1987 à Montpellier. Diplômée en Psycho et Sciences de l’éducation, elle vit un riche parcours au sein de différentes structures d’éduc pop, en tant que jeune, animatrice et directrice. Elle est lauréate du concours de Conseillère d’éducation populaire et de jeunesse en 2013. Elle déserte en 2024 et co-gère aujourd’hui la coopérative d’éducation populaire politique, « La Petite Agitée ».
“J’ai toujours été bousculée par les questions d’éducation. Plus jeune, je me voyais conseillère principale d’éducation au sein d’établissements scolaires mais c’est finalement l’appel du champ de l’animation qui a été le plus fort. En pratiquant et en me formant à l’animation, j’ai souvent perçu un malaise, une incohérence entre les discours de ces espaces se réclamant de l’éducation populaire et les pratiques qui y étaient (y sont) véhiculées. La vision de l’enfant était celle d’un objet à animer. Et moi j’avais envie de contribuer à l’émancipation de sujets. Puis je suis devenue parent avec toutes les nouvelles questions que cela amène. J’ai beaucoup expérimenté sur mes enfants (désolée mes chéri.es… !) avant de trouver une posture éducative qui me convienne – bien qu’elle reste toujours en questionnement. Puis je suis rentrée dans ce corps des conseillers d’éducation populaire et de jeunesse, comme on rentre dans une nouvelle famille. Je pensais humblement que depuis cette place d’agent de l’Etat, je pourrais soutenir les acteurs éducatifs, changer les choses de l’intérieur. Mais, force est de constater que je ne faisais que participer à renforcer le pouvoir d’un néolibéralisme asservissant. Alors, me voilà aujourd’hui à œuvrer au sein de La Petite Agitée avec mon aspiration initiale toujours vivace : participer à l’émancipation individuelle et collective – moi y compris.”
Landry est né en 1980 à Avignon. Diplômé en Sciences du Sport, il est animateur sportif de 16 à 25 ans, expérimentant et vivant différentes postures éducatives selon les publics (enfants, jeunes athlètes, adultes, jeunes des quartiers populaires…). Lauréat du concours de Conseiller d’éducation populaire et de jeunesse en 2013, il déserte en 2024 et co-gère aujourd’hui la coopérative d’éducation populaire politique, « La Petite Agitée ».
“Depuis tout jeune, la marche du monde m’intrigue, au mieux, me met en colère, le plus souvent. En février 1991, alors que je fête mon onzième anniversaire, les images des combats de la première guerre du golfe passent en boucle dans tous les journaux télévisés. Les missiles lancés par les soldats de la coalition ressemblent à des feux d’artifice perçant la nuit tandis que les caméras des télévisions tentent de montrer une certaine réalité de la guerre. Impression de fête (« feux d’artifice »), démonstration de forces (défilé des chars dans l’immensité du désert). On parle « pétrole », « Moyen-Orient », « dictature ». La première guerre télévisée tresse un récit appuyé par des images savamment construites et sélectionnées. Il y a déjà les bons et les méchants. Il me semble que mon intérêt pour les évènements qui secouent les êtres humains remonte à ce moment-là, avec de la sidération, des questionnements et beaucoup d’incompréhension pour un enfant de 11 ans. Depuis lors, je cherche à comprendre comment le monde fonctionne. Ou dysfonctionne. C’est à cette tâche qu’au sein de La Petite Agitée je tente de m’atteler : comprendre collectivement le monde dans lequel nous vivons, et nous mobiliser pour le changer.”